CHARGEZ VOS PEINTURES
Les charges ont deux rôles principaux : elles sont destinées à augmenter le volume d'une couleur sans la modifier ou à lui conférer des propriétés nouvelles ( modification de la transparence, du volume, du relief, ou de la valeur).
Les charges les plus fréquentes sont les carbonates de calcium (craies), le blanc de Meudon, le blanc d' Espagne, les coquillages pulvérisés, ou encore la poudre de marbre.
Ce sont des pigments d'origine naturelle extraits des carrières, puis concassés ou broyés et lavés. Non toxiques, stables dans le temps, ces charges sont compatibles avec tous les pigments et liants existants, à une exception près : évitez de les marier avec des couleurs à base d'oxyde de fer, dont le pouvoir couvrant et colorant est très faible. Etant naturels, ces produits peuvent présenter des aspects variables et nous vous conseillons les carbonates de calcium, car plus raffinés.
Dans la famille des charges, on trouve ensuite les sulfates (plâtre, blanc de lithopone). Le plâtre est surtout utlisé dans les apprêts et le blanc de lithopone est un mélange stable de deux charges (sulfate de baryum et sulfure de zinc).
Enfin les silicates comprennent les quartz et les argiles. Le kaolin est le plus utilisé en peinture : cette argile très fine et très blanche, à forte prise d'huile, donne de la transparence aux couleurs et les mate légèrement; il est conseillé d'en mettre très peu dans les peintures à l'eau.
Son cousin le talc est un peu moins raffiné et les fabricants les intègrent dans les gouaches.
En général, choisissez un grain fin (exemple de la poudre de marbre qui est broyée finement) afin d'augmenter le volume de vos peintures et un grain épais pour fabriquer un mortier de structure.
Note : le blanc de Meudon est assez granuleux, tandis que le kaolin est très pulvérent. Vous trouverez tous ces matériaux chez votre marchand de couleurs, tandis que le kaolin est disponible chez le pharmacien. Evitez surtout les charges appropriées au domaine du bâtiment, bien qu'elles portent le même nom, car elles sont parfois traitées de manière à être hydrophobes, donc impropres à la peinture à l'eau.
(Pratique des Arts N°39)