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Que l'on soit artiste professionnel ou vendeur occasionnel d'une de ses créations, il
convient avant tout de bien cerner ce que l'on cède en vendant un tableau. S'agit-il de
la toile, de l'image qu'elle porte, de son exploitation ?
Propriété intellectuelle, droits d'auteur La propriété d'une oeuvre d'art est distincte de celle de son exploitation. Cette mention rappellera à l'acquéreur son obligation de revenir auprès de l'auteur s'il souhaite reproduire l'oeuvre. Pour les artistes professionnels, il existe une société de gestion des droits d'auteurs, à laquelle ils peuvent déléguer la négociation de l'exploitation de leurs oeuvres et de manière plus générale la défense du respect de leurs droits. Il s'agit de l'A.D.A.G.P. (11, rue Berryer, 75008 Paris -Tel : 01 43 59 09 79).
Le cadre juridique de la propriété intellectuelle Les droits moraux (article 121) L' auteur a un droit de divulgation qui est le droit de communication de son oeuvre au public. L'auteur a un droit de paternité, ce qui veut dire que son nom, sa signature sont indissociables de l'oeuvre. L'auteur a un droit de respect de l'oeuvre dans son intégralité. L'auteur, de son vivant, a un droit de « repentir » de la cession des droits d'auteur, c'est-à-dire qu'il peut revenir à tout moment sur un accord de cession qu'il aura donné à un tiers. Dans ce cas, le texte prévoit une indemnisation pour le préjudice de ce retrait.
Les droits patrimoniaux (article 122) L'auteur a seul le droit de reproduire son oeuvre et d'en tirer profit. Un tiers ne peut réaliser des reproductions totales ou partielles sans son consentement. L'auteur dispose d'un droit de suite qui lui donne droit à percevoir 3 % du prix de
vente de son oeuvre lors d'opérations de revente aux enchères.
Ce qu'il en résulte Comme nous l'avons vu, une simple précaution durant la vente d'une oeuvre permet de
limiter votre négociation commerciale à la seule cession du produit de votre travail.
Sans accord exprès de votre part, elle est alors naturellement protégée du plagiat, de
la copie, de la reproduction et la diffusion sauvages. Gardez toujours à l'esprit : que les droits de reproduction peuvent être exclusif ou non suivant le contrat passé. qu'une rémunération proportionnelle au nombre d'exemplaires de la reproduction
et à leur format est toujours préférable.
Hervé Rouvre, Directeur Administratif et Financier de "Lefranc & Bourgeois" Propos recueillis par "Pratiques des Arts" N°33.
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