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L'ART EN FRANCE ENTRE CRÉATION, MOROSITÉ, RÉVOLTE ET RÉSISTANCE

Eric Vançon, webmaster du site artistorama.com,

Membre de " Arts-Sciences-Lettres " et du " Mérite et dévouement français ".

 

 

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Le Perroquet de l'artiste Broodthaers sème la discorde au conseil de Paris

 

 

 - Document Yahoo -

La présidente et le vice-président de l'organisation La PETA (People for Ethical Treatment of Animals - puissante organisation américaine de lutte contre la violence et la cruauté envers les animaux), Ingrid Newkirk et Dan Mathews, se sont déclarés samedi 23 novembre "surpris et atterrés" par la volonté de la Ville de Paris d'acquérir pour son Musée d'art moderne une oeuvre du Belge Marcel Broodthaers (1924-1976), datant de 1974 et matière à polémique.

L'oeuvre en question est en effet un perroquet vivant du Gabon à queue rouge, enfermé dans une cage dorée et flanqué de deux palmiers. Posé sur une table, un magnétophone répète en boucle "Moi je dis, moi je dis", un poème dit par l'auteur, chaque fois sur un ton différent.

"Nous sommes prêt à accueillir ce perroquet et lui trouver un gîte: il pourra ainsi voler à nouveau de ses propres ailes et, qui sait, fonder un foyer...", a déclaré Ingrid Newkirk à l'Associated Press.

"En retour, nous nous engageons à fournir au Musée d'art moderne de la Ville de Paris une réplique du même perroquet animée de la plus haute technologie, ressemblant trait pour trait à l'original, à l'instar des autres animaux -plus vrais que nature- que chacun a pu voir dans des superproductions telles que 'Gladiator', 'Danse avec les loups', 'Et au milieu coule une rivière' et les innombrables productions hollywoodiennes dans lesquelles de faux animaux sont utilisés, sans même que le public ne s'en rende compte et qui ont forgé la réputation des studios dans le domaine des effets spéciaux", a-t-elle ajouté.

"Ce serait ainsi une façon, pour cet artiste, de montrer qu'il possède une âme", a conclu, lapidaire, Mme Newkirk, qui ignorait cependant que Marcel Broodthaers est décédé en 1976.

La Mairie de Paris s'est dite surprise dans l'immédiat par cette proposition, mais l'a qualifiée de "drôle" et promet de la soumettre à Suzanne Pagé, la conservatrice du Musée d'art moderne de la Ville de Paris, qui a pris la décision de cette acquisition. L'oeuvre de Broodthaers, exposée pour la première fois en 1974 à Anvers, est actuellement la propriété d'un collectionneur privé depuis 1996. On ignore avec précision le nombre de perroquets qui ont été nécessaires depuis 1974.

L'annonce de cette acquisition, faite mardi 20 novembre en Conseil de Paris et vivement défendue par Christophe Girard, adjoint au maire en charge de la Culture, va coûter 210.000 euros à la Ville de Paris, afin que l'oeuvre figure au sein de la collection permanente du musée.

Devant l'interrogation de certains élus parisiens sur le bien-fondé d'une telle acquisition face aux nombreux problèmes de financement que rencontrent les jeunes créateurs dans l'Hexagone, la réponse de Christophe Girard a été cinglante: "C'est une dérive fort dangereuse que les élus s'immiscent dans des choix artistiques, c'est la porte ouverte au fascisme", a-t-il répondu à un conseiller de l' opposition qui était intervenu en demandant "que l'on fasse confiance aux professionnels et que l'on respecte le Musée d'art moderne de la Ville". Dans cette affaire la seule personne décisionnaire a été Suzanne Pagé, a-t-il rappelé, précisant que la Ville de Paris n'avait donné son aval qu'en raison de la somme impliquée.

Le vote en faveur de l'acquisition a déjà suscité l'indignation de la SPA (Société Protectrice des Animaux), qui se dit scandalisée "qu' à Paris, un perroquet ne soit considéré que comme un objet".

 

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- Lettre adressée à Monsieur Delanoé, Maire de Paris et plus particulièrement à Monsieur Christophe Girard, adjoint à la Culture de Paris -

 

" Ayant appris la décision de la ville de Paris d' acquérir une oeuvre de l'artiste Broodthaers (le fameux perroquet qui déchaîne le conseil de Paris actuellement) pour la somme de 210.000 euros, j'aimerais non pas dénoncer l' achat lui-même, mais rappeler à Monsieur Girard qui a rétorqué à un élu opposé à ce projet le fait " que l'on fasse confiance aux professionnels et que l' on respecte le Musée d' art moderne de la Ville ", que cette acquisition va être planifiée et financée uniquement et avant tout par le contribuable parisien qui a un rôle à jouer et donc son mot à dire.

Tel un enfant voulant son jouet avant Noël, le Musée d' Art Moderne de Paris va donc acquérir cette oeuvre apparement magistrale de l' artiste belge décédé en 1976, imputant le budget culturel de la ville de Paris qui aurait très bien pu servir à d' autres projets beaucoup plus humanitaires (surtout avec l' arrivée du froid d' hiver) ou, dans ce même ordre culturel, subvenir par exemple au financement de projets de jeunes créateurs et associations. A noter par ailleurs que les subventions culturelles alouées ont déjà été fortement tronquées et en baisse depuis plusieurs années sur l' ensemble du pays.

Je regrette simplement que l' état et les villes se précipitent la plupart du temps dans l' achat d' oeuvres contemporaines (souvent hors de prix) grâce aux subventions accordées en grande partie à ce type de projets. "

 

Eric Vançon,  responsable du site artistorama.com (membre du Mérite et dévouement français)